Aller au contenu
retour

Camping, chaos et collations : récit d’un roadtrip familial sur la 117

Dans ce récit tendre et résolument drôle, Kary-Ann, notre adjointe à la direction, t’emmène dans l’épopée qu’a été son roadtrip familial sur la route 117. Un coffre trop plein, des kilomètres de “on est-tu bientôt arrivés ?” et une boîte à souvenirs bien remplie : c’est ce qui l’attendait… avant de revenir, comme toujours, dans son Abitibi-Témiscamingue chéri.


Tout a commencé avec une idée lancée entre deux brassées de lavage : « Et si on allait camper à Stoneham cet été ? ». Trois enfants, deux adultes, une tente, 9 h 30 de route et moi qui dis oui avec l’enthousiasme d’une mère qui croit encore aux miracles.

Voici donc notre grande aventure familiale de l’été, parsemée de miettes de Goldfish, de magie et de « On est tu bientôt arrivé ? ». Mais surtout, de souvenirs qu’on ramènera à la maison avec un peu plus de sable dans nos souliers et encore plus d’amour dans notre coffre à souvenirs. Mais avant les s’mores, les matins doux et les piscines trop froides, il fallait d’abord passer l’épreuve du « packtage » de Jeep.

KM O | Trop de bagages, mais beaucoup d’espoir

Je suis partie de Rouyn avec ma fille Hazalie et assez de bagages pour meubler un 4 ½. On avait beau avoir acheté un coffre de toit XXL, je n’étais quand même pas certaine que tout allait entrer. Mon chum, lui, nous attendait à Val-d’Or avec ses enfants, Emma-Rose et Édouard.

En voyant nos bagages, Vincent a regardé le coffre, m’a regardée, puis a regardé le coffre à nouveau. Et là, il a eu ce regard intense qu’on voit chez les policiers en pleine négociation de prise d’otages. À ce stade, j’ai compris le message. J’ai déposé nos sacs pis j’ai pris une gorgée de café en silence. Le « packtage », c’est son rituel sacré : il ne faut pas parler, il ne faut pas aider, il faut juste rester loin, puis hocher la tête comme si tout allait bien.

Quand il « packte » la voiture, il devient un genre de M. Miyagi version Canadian Tire. Il s’est lancé, et là, contre toute attente, et contre toutes les lois de la physique, le coffre s’est fermé. C’est là que les vacances ont commencé. Confortablement serrés, le cœur léger, de la country dans les « speakers » et une petite voix qui brise le silence : « J’ai faim. ».

KM 3 | On est rendu où ?

Ça a commencé à la sortie de Val-d’Or.

  • Hazalie : J’ai TELLEMENT faim !
  • Edouard : On est rendu où papa ?
  • Emma-Rose : J’ai vraiment envie de pipi !
  • Hazalie : Est-ce qu’on est encore au Québec ?
  • Edouard : C’est donc bien loin le camping, je suis tanné !
  • Emma-Rose : On peut-tu manger là ?

Tout ça… dans la première heure.

Après la 34e question, j’ai arrêté de répondre. J’ai mis mes lunettes de soleil, j’ai regardé droit devant et je me suis dissociée, comme une mère en pleine allée de jouets qui fait semblant de ne pas entendre le mot « veux » aux 3 secondes. Vincent conduisait stoïquement pendant que, moi, j’étais rendue dans un autre monde : un monde où les gens vont aux toilettes avant de partir, mangent quand c’est l’heure et posent un maximum de deux questions par heure.

KM 896 | Monter le campement

À peine arrivés, le vrai défi a commencé : monter la tente, gonfler les matelas, faire souper les enfants et essayer de retrouver notre santé mentale quelque part entre la glacière et la table de pique-nique. Il faisait humide, les enfants couraient partout (comme s’ils venaient de découvrir l’extérieur pour la première fois de leur vie), Vincent essayait de comprendre le plan du gazebo portable et moi je faisais ce que toute mère sait faire de mieux : tout et rien en même temps.

Une fois le campement monté (à peu près), direction les douches publiques avec Hazalie pour notre grand moment mère-fille dans une cabine de 3x3 pieds avec un crochet louche et un jet d’eau plus intéressé par le mur que par nous. J’ai shampouiné ma fille sans qu’elle ne touche à rien (victoire), gardé notre linge au sec (miracle) et ressorti de là avec un peu plus d’humilité qu’en entrant. Tout ça pour la modique somme de 1,75 $.

On s’est essuyées avec nos serviettes déjà humides, pis Hazalie m’a regardée, toute fière, les cheveux encore trempés :

  • Maman, c’est vraiment cool de prendre sa douche au camping !
  • Oui ma puce… c’est vraiment cool.

KM 1001 | Un zoo pas comme les autres

Le samedi, on avait prévu une sortie au sanctuaire faunique le Miller Zoo (tsé, celui qu’on voit à la télé avec Émilie et Clifford !). Le genre d’endroit où tout le monde trouve son compte. Les enfants « tripaient » à chaque enclos : les tapirs de Malaisie, les ours kodiaks, les petits saïmiris, les chèvres et les flamants roses ! Même nous, les adultes, étions émerveillés devant tant de beauté.

Édouard, lui, vivait une autre aventure : celle d’un petit garçon au bout de sa tolérance pour la marche. Chaque 100 mètres, on avait droit à un « c’est looooong », suivi d’un soupir théâtral et d’un effondrement dramatique sur un banc en forme d’ours. On l’a motivé avec des promesses de piscine et de slush.

KM… j’ai arrêté de compter | On retourne à la maison

Le chemin du retour avait un petit goût de fin d’aventure : les enfants étaient plus calmes, le Jeep sentait les fraises achetées à un kiosque de bord de route et le vécu d’une fin de semaine de camping. Nos visages affichaient ce mélange de fatigue intense et de bonheur doux. Par moments, on roulait en silence, chacun un peu perdu dans nos souvenirs.

Puis, à un moment donné, sans trop savoir pourquoi, l’imitation d’un paon par Vincent est devenue la graine d’un fou rire collectif. Un vrai, un de ceux qui commencent tranquillement, qui montent en crescendo et qui finissent avec des larmes aux yeux pis un mal de ventre. Un éclat de rire pour clore cette belle parenthèse de vie.

KM final | Retour à l’essentiel

C’était beau Stoneham. Vraiment. Mais il y a des beautés qui nous touchent et d’autres qui nous habitent. Même si les paysages changent, mon cœur, lui, revient toujours un peu plus amoureux de chez nous. Parce que l’Abitibi-Témiscamingue, ce n’est pas juste une région, c’est un repère. Puis, je suis pas mal certaine qu’on va finir l’été par une escapade plus proche, là où les grands pins nous connaissent déjà.

Mon Abitibi-Témiscamingue chérie

Soyons honnête, partir en vacances hors de l’Abitibi-Témiscamingue quand on travaille à en faire la promotion, ça peut paraître un peu contradictoire. Cependant, vouloir changer d’air, ce n’est pas renier d’où l’on vient : c’est simplement aller voir si les collations goûtent aussi bon ailleurs… en sachant très bien que rien ne bat le fromage « squick squick » de chez Boréalait. Mon Abitibi-Témiscamingue je l’ai traînée dans mes bagages tout au long de ce roadtrip : dans ma glacière avec ma Blonde du Prospecteur, dans mon accent, dans la façon que j’ai d’être fière de dire d’où l’on vient à nos voisins de camping pis dans mon cœur qui reste accroché à nos lacs, même en regardant la beauté des montagnes des Chaudière-Appalaches. Dans tous les cas, on revient à l'essentiel : ici.

Qu'attends-tu pour "packter" la vanette familial et venir découvrir cette Abitibi-Témiscamingue tant aimée? Voici 5 activités pour la découvrir en famille!