Récit d'une Fête nationale à la Pointe d'Opémican
L’an dernier, je faisais partie des premiers à explorer le secteur de la rivière Kipawa. Cette année, j'ai finalement eu la chance de découvrir la 2e partie du Parc national d'Opémican. Les prêts-à-camper à flanc de falaise. Les petits sentiers qui serpentent dans le bois. La grande chute. Et ces points de vue incroyables sur le lac Témiscamingue et la rivière qui fait la renommée du coin.
Il me manquait encore un morceau. Le secteur de la Pointe-Opémican.
On le sait : organiser une sortie entre amis, surtout pendant les congés, c’est rarement simple. Cette fois-là, pourtant, tout s’est enchaîné sans effort, comme si le plan voulait absolument exister.
Un week-end improvisé au parc national d’Opémican
Mercredi matin, à 9 h 30, je réserve mon terrain de camping pour le samedi. Vers 11 h, j’en parle à mon chum Luigi et je l’invite à venir tester sa nouvelle roulotte. Trois heures plus tard, son terrain est réservé pour deux jours. Pas le choix, j’ajoute une journée de plus. Notre plan pour la Saint-Jean-Baptiste est officiel.
À 14 h 31, Luigi lance l’invitation au reste de sa famille. Deux heures plus tard, des amis de Québec confirment leur présence. On est déjà une dizaine. Le soir venu, j’en parle à une amie qui décide, elle aussi, de venir avec son amoureux. Comme quoi, parfois, moins on planifie, mieux ça fonctionne.
Tout s’est fait vite. Trop vite, même. Résultat : une semaine interminable. Une attente qui n’en finissait plus.
Samedi midi, je passe chercher les steaks pour le souper. On charge la voiture, on ouvre le toit ouvrant et on attaque la route du Témiscamingue.
Un accueil spectaculaire
Dès notre arrivée au Parc national d’Opémican, quelque chose me frappe. L’aménagement de l’accueil est remarquable. Le bâtiment s’intègre parfaitement à son environnement et son emplacement est tout simplement à couper le souffle. Je me surprends à penser que ce parc n’a rien à envier aux grands parcs canadiens que j’ai eu la chance de visiter.
Je décide de ne pas prendre de photos du bâtiment d’accueil. L’herbe vient tout juste d’être semée, tout est encore neuf. Et de toute façon, aucune image ne pourrait remplacer le feeling qu’on a en arrivant sur place. Autant garder la surprise intacte.
L’édifice est adossé à la montagne, avec la roche et la forêt en arrière-plan. Plus bas, une allée de gravier mène à une aire de repos, au bord d’une plage tranquille, nichée au cœur d’une jolie baie. Un sentier d’interprétation poursuit le parcours et conduit jusqu’à un ancien site de camp de drave et de chantier naval.
Les vestiges sont encore bien présents. Plusieurs bâtiments historiques, datant de 1883, ont été conservés. L’un d’eux est même accessible aux visiteurs.
J’entre dans la forge.
L’expérience est saisissante. Grâce à une installation interactive, on est plongé dans l’ambiance des chantiers d’autrefois, à l’époque où le fer se travaillait à la main. Les rails servant au transport de lourdes charges sont toujours au plafond. Une immense machine à fileter le métal trône encore dans l’atelier.
Les murs portent les marques du temps. Et dans l’espace, on entend les témoignages des travailleurs de l’époque.
On ne fait pas que visiter l’histoire. On la ressent. Vraiment.
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L'exposition interactive de La forge
En fait, ce qui frappe le plus au parc national d’Opémican, c’est toute la richesse de son patrimoine archéologique, culturel et historique. Ici, le passé est encore bien vivant. On marche sur un territoire qui a longtemps servi de voie de circulation pour les Premiers Peuples, puis qui a été marqué par l’époque de la colonisation qui a suivi. Les traces sont là. Discrètes, mais éloquentes.
J’ai déjà hâte d’y retourner pour découvrir ce que les autres bâtiments nous réservent. Les expositions qui seront éventuellement accessibles promettent d’ajouter encore une couche de sens à l’expérience. Je me surprends même à me dire : il faut absolument que mon père voie ça. Lui qui a travaillé toute sa vie en forêt.
Mais pour l’instant, une autre priorité s’impose : installer la tente.
Parce que oui, on est des mordus de camping. Et si on est venus jusqu’ici, c’est d’abord pour ça. J’ai donc bien hâte de découvrir les terrains. Si c’est comparable à ce qu’on a vu du côté de la Kipawa, ça promet d’être extraordinaire.
Depuis qu’on a mis les pieds dans le secteur, même depuis la route, je ne cesse de bombarder ma blonde.
« As-tu vu les arbres? »
« Là, c’est la forêt feuillue… Là, la boréale. »
« T’as vu les pins blancs? Pis les pins rouges? »
Les arbres sont tellement impressionnants!
Arrivé sur place, j’ai la satisfaction d'avoir choisi LE spot parfait. Bon… soyons honnêtes, dans cette boucle-là, c’aurait été difficile de se tromper. À quelques détails près, ils sont tous dignes de mention.
Les arbres sont immenses. Pas juste grands, impressionnants. Les terrains sont spacieux, bien pensés, et surtout, le couvert forestier a été conservé et l’intimité est là.
Mais le plus fou dans tout ça, savez-vous c’est quoi? C’est nous qui serons les premiers à y camper. Quel honneur!
Comme l’heure du souper approche à grands pas, on prend quand même le temps de s’installer un minimum avant d’aller rejoindre les amis de l’autre côté. Parce que monter une tente dans le noir et gonfler un matelas avec quelques verres dans le nez… disons que personne n’avait envie de tenter l’expérience.

Une quinzaine de minutes plus tard, on rejoint les amis. Très vite, une évidence s’impose, le spot à Luigi sera LE point névralgique du week-end. Et honnêtement, c’est parfait comme ça.
Sans perdre de temps, je m’assure qu’un feu de camp prend vie. Les flammes montent tranquillement, le bois crépite, et déjà, je pense à la suite. À la braise, à la cuisson lente, et surtout, à ma bavette!
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Photos : Alija Bos
On mange tous des steaks. Puis, quand le soir tombe, on célèbre la Fête nationale avec plaisir, en toute simplicité.
Pour moi, l’essentiel est là. Une petite boisson. Un feu de camp qui crépite. Un coin tranquille en pleine nature. Ma blonde. Mes amis. De nouvelles rencontres. Et surtout, une collection d’anecdotes déjà mémorables.
On n’est pas près d’être couchés. Et pourtant, je peux déjà le dire, mission accomplie. J’ai baptisé un tout nouveau parc national!
Et toi… quand est-ce que tu décroches à Opémican ?
À voir et à faire (détails)
Du côté Kipawa :
- Les emplacements des prêts-à-camper!
- L'observation de la Grande chute vaut sérieusement le détour
- Le sentier de l'Inuchuk est amusant et les points de vue sur le lac Témiscamingue sont incroyables
Quelques photos additionnelles


